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lundi, avril 05, 2004

LA GUITARE ORCHESTRALE DE GIBSON 

La très emblématique firme Gibson livre ce mois-ci une première génération de 3000 guitares numériques au prix de 2 600 dollars l’unité.
Ces instruments ressemblent aux légendaires Les Paul, s’utilisent comme des Les Paul et sonnent (parfois) comme des Les Paul mais ce ne sont pas des Les Paul au sens traditionnel et les puristes vociféreront que ce ne sont pas des guitares.
Le luthier de Nashville déclenche en effet une vraie révolution dans l’univers de la « gratte ». Depuis que la guitare a été électrifiée, en 1920, le son monophonique déclenché par le pincement de chacune des six cordes est amplifié de manière analogique. Sur les Gibson 2004, chaque corde peut émettre un son différent et chaque son peut être modifié par une multitude d'effets comme la reverb ou la distorsion. La différenciation des timbres est rendue possible par le travail de puissants processeurs spécialisés dans le traitement numérique du son et par une technologie logicielle baptisée MaGIC qui fait l'objet d'un clib vidéo de dix minutes sur le site des laboratoires Gibson. Les résultats sonores de ce traitement sortent dans un câble à très haut débit sous le protocole de réseau Ethernet avec la qualité du son DVD. Autrement dit, cette guitare multitimbrale est déjà équipée en connectique pour se faire entendre simultanément en plusieurs endroits, voire dans des espaces planétaires comme le web. En outre la Gibson orchestrale peut évoluer; il suffira de changer les fameux processeurs.
Problème : 95% des guitaristes branchent leurs instruments sur des amplificateurs qui ne sont pas très éloignés, malgré la numérisation, de celui que Leo Fender inventa en 1944. Qu’à cela ne tienne, Gibson propose un convertisseur afin que sa « gratte » hybride reste compatible avec les systèmes analogiques actuels.
Du coup, la firme Roland sort un synthétiseur qui, branché à n’importe quelle guitare, même une Gisbon, peut générer plusieurs types de sons à la fois. Y compris, le son de la Les Paul d’antan.

mercredi, mars 24, 2004

Université, arts, technologies, jeux, réseaux sans fil 

Dennis Kratz, doyen de l’Université du Texas à Dallas vient d’annoncer l’ouverture d’un programme d’études interdisciplinaires fondées sur la synergie entre les arts et les technologies.

Les contenus du programme seront assurés par la faculté Erik Jonson de Sciences et d’Ingénierie informatique et par l’Institut pour les Arts, la Technologie et l’Interactivité. Cet institut abrite notamment David Hanson, un des plus grands créateurs de visages humanaïdes robotisés. Il faut absolument regarder sur sa vitrine professionnelle les démonstrations en vidéo de ses réalisations. Elles ouvrent des horizons insoupçonnés qui vont de la fabrication d’acteurs inhumains à la reconnaissance faciale dans un contexte sécuritaire en passant par les développements du jeu.

Précisément, le nouveau programme interdisciplinaire de l’Université du Texas comportera des modules sur l’art contemporain, l’écriture, les sciences informatiques, la photographie, le graphisme, l’animation, le développement de jeux interactifs. Le doyen Kratz affirme qu’une économie créative résultera du développement synchronisé de l’art et la technologie.

La convergence entre les sciences humaines, l’art et la technologie est au cœur de savoirs qui ne sont dispensés que par quelques universités dont le célèbre Medialab du Massachusetts Institute of Technlogy et le département des Technologies créatives de l’Université de Californie du Sud, à Los Angeles.

L’Université du Texas est située près de Dallas dans un pôle de développement technologie appelé « Couloir des Télécoms ». C’est peut-être la raison pour laquelle la société française Alcatel a signé, là-bas, un contrat de recherche portant sur les interfaces graphiques des futurs terminaux nomades.

mercredi, mars 17, 2004

Photographie, numérisation, manipulations 

Grands débats, dans la presse anglo-saxonne sur la vérité et la représentation photographique.
La semaine dernière, le peintre photographe britannique David Hockney décrétait « la mort de la photographie » tuée, selon lui, par la numérisation qui lui aurait enlevé toute crédibilité. Grand créatif du pop art, David Hockney avait signé une remarquable vision de la place Furstenberg fondée sur le collage photographique.

Le photographe américain Joel Sternberg répond en rappelant que la manipulation existe depuis les origines de la photographie et que les artistes les plus intègres n’ont pas hésité a intervenir dans le développement des négatifs et dans le tirage sur papier pour modifier ce que l’objectif avait capté.

La controverse prend une dimension politique avec la mise en circulation sur internet d’une scène montrant le candidat démocrate John Kerry en compagnie de l’actrice Jane Fonda lors d’un meeting contre la guerre au Vietnam. Il s’agit d’un montage dont l’histoire est intéressante car les deux photographies originales respectivement prises en 1971 et en 1972 dans des endroits différents étaient des tirages sur papier.

Ces épreuves ont été achetées et numérisées par la firme Corbis. Cette société appartient à Bill Gates, fondateur de la firme Microsoft. La falsificiation, particulièrement réussie, a été réalisée avec un logiciel de traitement numérique du type Photoshop à partir des photos transformées en fichiers numériques. Elles ont été mises en circulation par les adversaires ultra-conservateurs de John Kerry pour essayer de lui fabriquer une réputation anti-patriotique.

Si on veut bien se souvenir de la manière dont Lénine et Staline faisaient effacer sur les photographies les gens qui les gênaient, le débat sur la manipulation numérique paraît largement dépassé.

Un problème nouveau pourrait être pris en considération, la propagation fulgurante et massive sur internet d’images falsifiées. Mais la télévision elle-même a déjà diffusé des images truquées comme celles du « massacre de Timosoara » en Roumanie ou le faux entretien en face à face de Fidel Castro avec Patrick Poivre d’Arvor sur TF1. Il est d'ailleurs raisonnable de penser que les habitués du web se montrent plus méfiants devant les photographies qui circulent sur le Réseau que les téléspectateurs face aux images d’une chaîne quasiment institutionnelle.

En fait, le nouveau défi est celui de l'instantanéité de photographies - et bientôt de séquences vidéo - prises avec un appareil photo nomade et transmises sur les réseaux sans fils. Il y a là des possibilités inédites de témoignages et d'atteintes graves à la vie privée.

Reste à admettre que la photographie a toujours été une affaire de point de vue, c’est à dire de subjectivité. Et à se réjouir que la numérisation permettent aux subjectivités créatives d’ouvrir de nouveaux espaces à l’image.

mercredi, mars 10, 2004

VAN GOGH, HUBBLE, HACKERS ET WEBCAMS 

Le télescope spatial Hubble vient de livrer les premières représentations de l’univers tel qu’il était quelques centaines de millions d’années après le Big Bang, c’est à dire au moment où le refroidissement de l’explosion a commencé à produire des galaxies.

Il y a quelques jours, les astronomes qui exploitent les observations de Hubble ont été impressionnés par une image cosmique qui présente beaucoup d’analogies avec la "Nuit étoilée" de Van Gogh. Dans cette œuvre réalisée près de l’asile de Saint-Rémy, Van Gogh emplit le firmament nocturne de fulgurances et de vibrations. Précisément, la photographie de l’étoile lointaine V838 Monocerotis prise par le télescope Hubble révèle des spirales de poussières interstellaires jamais vues auparavant. Cette validation scientifique de la folle vision de Van Gogh est apparue deux ans après que l’étoile ait expulsé des striures lumineuses d’une sorte de bulle de poussière.

Curieusement, la célèbre toile de Vincent a été peinte en 1889, année de naissance d’Edwin Powell Hubble l’homme qui a donné son nom au télescope spatial pour avoir « changé notre perception de l’univers » en démontrant qu’il est en expansion.

L’analogie entre les photos du télescope et la toile de Van Gogh fait peut-être partie de la campagne de relations publiques destinée à sauver le télescope Hubble menacé de disparition.

Elle intervient aussi à un moment où un groupe de hackers britanniques manipule les composants électroniques et les logiciels des webcams pour en faire des moyens d’observation spatiale performants et peu onéreux. Les hackers cosmiques mettent leurs meilleures photos à la disposition de tous sur un site qui ne peut ni se prononcer ni s'épeler mais qui est riche en conseils et en images. A l’occasion de leur deuxième symposium, ces astronomes bidouilleurs ont ouvert une niche dans l’industrie en pleine expansion de l’imagerie numérique. Une firme propose en effet de modifier des webcams ou de les équiper d’adaptateurs afin qu’elle puissent se greffer sur les télescopes à la disposition du grand public. Les images obtenues n’ont pas la qualité des enregistrements de Hubble. Cependant, le rapport qualité-prix autorise désormais n’importe quel astronome amateur à chercher chaque nuit une vision de Van Gogh et à la numériser.

samedi, mars 06, 2004

ORCHESTRES SYMPHONIQUES ENSEMBLE SUR INTERNET 

Deux orchestres symphoniques britanniques ont répété ensemble par internet et en public. L’un jouait à Londres, l’autre à Glasgow. Objectif : montrer comment une formation prestigieuse peut, à distance, parrainer un orchestre qui n’a pas les moyens financiers d’embaucher directeur musical de premier plan.

La démonstration impliquait une communication en temps réel de contenus audiovisuels de très grande qualité. Il a fallu relier de nombreux microphones à plusieurs hauts-parleurs avec de grande qualité acoustique et projeter entre les deux salles de répétition des images des instrumentistes en action et à l’écoute.
Ces exigences ont été satisfaites grâce à une liaison qui représentait 200 fois la capacité d’une connexion à haut débit et qui était gérée par un logiciel expérimental. Concue par le Département de Recherche sur les Technologies Musicales à l’Université de York, l’expérience a été soutenue par l’Université McGill qui a développé le logiciel de gestion des très hauts débits, par British Telecoms, et par les associations Arts et Business, et Science City York. Cette ville se distingue en organisant chaque année le festival des arts numériques SightSonic. La ville de York dispose d’un centre de recherche technologique et artistique orienté vers la création d’environnements numériques immersifs.
La prochaine expérience sera une répétition transatlantique entre deux orchestres symphoniques. Les applications qui en découleront sont faciles à imaginer dans les domaines scientifiques, médicaux, éducatifs. Ces développements sont suivis attentivement par l’organisme canadien chargé de la mise en place de l’internet du futur.

mardi, mars 02, 2004

Pixels et pointillisme, photo numérique, impression, gouache 

Documentariste et consultant en technologies, Tom Neff prodigue sur un site - qu’il qualifie à tort de « pathétique » - de judicieux conseils pratiques pour la retouche et la transmission de photographies numériques.

Sa méthode, parfaitement logique, consiste à conserver dans un dossier spécial la prise de vue originale dans son format le plus riche en pixels (points élémentaires de couleurs). Tom propose l’exemple de Georges Seurat; sur sa toile vierge, le peintre pointilliste juxtaposait des petits points colorés comme le fait aujourd’hui le capteur qui analyse et décompose la lumière en points élémentaires numériquement codés. Plus il y a de points, sur la toile comme sur l’écran via le capteur électronique, plus riches sont les nuances de l’image. Le fichier numérique de type Seurat peut peser de 2 à 6 mégas octets au sortir d’un appareil grand public.

Tom recommande de copier ce document original afin de lui appliquer les traitements numériques qui aboutiront à ce que le photographe veut montrer. Pour que la photographie numérique puisse circuler sur le web, la copie numériquement doit être sauvegardée dans un format de compression (jpeg ou png) qui lui fait perdre en qualité ce qu’il gagné en légèreté facilitant sa transmission.

La méthode de Tom appelle trois remarques :

- Les puristes nostalgiques de la photographie chimique doivent se souvenir qu’entre le développement du négatif et le tirage sur papier, toutes sortes de traitements étaient possibles et parfois nécessaires; ces traitements pouvaient aller très loin dans la transformation de l’image originale et les tirages eux-mêmes pouvaient subir des retouches, notamment lorsqu’il s’agissait de portraits.

- La transformation de la photo numérique originale, très lourde, en une image dégradée mais légère représente, du point de vue de la densité de l’image, une dégradation de même nature que le passage d’une toile peinte à l’huile à une lithographie ou à reproduction imprimée.

- De même que certains peintres ont utilisé la photographie comme support plus ou moins avoué, il est très intéressant d’utiliser les prises de vues et traitements numériques comme aides à la création de gouaches ou aquarelles. Peindre sur une photo numérique imprimée n’enlève rien à la singularité d’une vision. L’émotion peut même passer à travers les pixels convertis en points d’encres colorés et recouverts de gouache.

Pixels,pointillisme, numérisation,gouache:voir les spots du 2 mars 2004 sur PICTOTHERAPY

mardi, février 24, 2004

Les Algoristes, l’art et la science et la réalité 

Le SIGGRAPH est le plus grand rassemblement mondial de graphistes travaillant sur ordinateurs pour la recherche, la création artistique, l’animation, les jeux, l’interactivité et les interfaces de sites web. En 1995, à Los Angeles, trois de ces ingénieurs sensoriels ont fondé le groupe informel des Algoristes parce qu’ils développent, pour leurs logiciels personnels, les algorithmes singuliers qui définissent leurs styles propres.

Parmi eux, le Français Jean-Pierre Hébert qui a commencé à utiliser l’informatique en 1959 en langage FORTRAN. Aujourd’hui il est artiste résident à l’institut Kavli de Phyisque Théorique (Calfifornie) où il travaille dans un programme de recherche intitulé "Art, Image et Science" qui étudie la perception de la réalité par l’interaction de l’art et de la science.

Dans cette quête écartelée entre la rigueur et l’imagination, l’algoriste cesse de considérer la beauté comme source de séductions. Si certaines structures bactériennes ont des grâces arachnéennes et ou de fascinantes aspérités cristallines, les spirales et textures de "Maths et Miroirs" semblent résulter d’âpres et lancinants calculs répétitifs. Or, selon Jean-Pierre Hébert, leurs matrices conceptuelles se retrouvent, sublimées par l'imagination créatrice, dans la musique de Jean-Sébastien Bach ou dans la peinture de Vassily Kandinsky.

Sans doute faut-il passer par des empreintes d’algorithmes pour comprendre à quel point les seize fugues et les quatre canons qui déploient le thème et son miroir (renversement) de «L’Art de la Fugue » relèvent d’une géniale combinatoire algoriste.

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